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La mosquée ne veut juger ni les homos ni leurs tortionnaires

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Nobel
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MessageSujet: La mosquée ne veut juger ni les homos ni leurs tortionnaires   Lun 20 Mar - 23:39

La mosquée ne veut juger ni les homos ni leurs tortionnaires

RACHAD ARMANIOS
lecourrier.ch Paru le Samedi 11 Mars 2006

GENÈVE - Lors d'une rencontre entre Hafid Ouardiri et des chrétiens homosexuels, le porte-parole de la mosquée a dit ne pas vouloir polémiquer.

«Je ne suis pas venu pour juger, seulement pour témoigner de ma foi», commence Hafid Ouardiri, face à une douzaine d'homosexuels regroupés, la semaine passée, dans un petit local de Dialogai, aux Pâquis (Genève). Le porte-parole de la mosquée de Genève répondait à une invitation des Chrétien(ne)s Homosexuel(le)s (C+H). Cette plate-forme accueille quelques musulmans gays, dont Rachid[1]. Fondamentalement, la quête identitaire de ce Maghrébin ne trouvera pas de réconfort auprès de Hafid Ouardiri. Car ce dernier ne laisse aucun doute: «Le Coran condamne les actes homosexuels», finira-t-il par lâcher.
La soirée est incongrue: tandis que l'orateur musulman lève les yeux vers Allah en vantant les mérites des cinq piliers de l'islam, une affiche géante, derrière lui, rappelle qu'aucune pénétration ne doit se faire sans capote. En position du missionnaire, deux Apollons dont on voit tout sauf les sexes exhibent leur coït sur le mur entier.
Jean-Paul Guisan, qui anime C+H, a sollicité Hafid Ouardiri pour savoir comment la tolérance que ce musulman revendique se décline quand il s'agit d'homosexualité. Il y a cinq ou six ans, Hani Ramadan, directeur du Centre culturel islamique des Eaux-Vives et connu pour avoir justifié la lapidation des femmes adultères, avait aussi répondu présent. Jean-Paul Guisan évoque une «expérience rude». Hafid Ouardiri, lui, affiche de l'empathie pour ses interlocuteurs, répète qu'il faut respecter la singularité de l'autre, et qu'il peut vivre au milieu de tous.

L'interdit civilisateur

En même temps, il prévient ne pas être là pour polémiquer. Pendant les premières quarante-cinq minutes, pas un mot sur l'homosexualité: «En mai 68, j'adhérais au slogan 'il est interdit d'interdire'. Je défends aujourd'hui un interdit civilisateur», martèle celui qui, quelques instants plus tôt, épinglait les fameuses caricatures de Mahomet. «Je vis avec l'idée du jugement de mes actes ici-bas, poursuit-il. Cela développe le sens des responsabilités, du bien et du mal. Je m'efforce de réprimer mes mauvaises pulsions.»
Impossible, dans l'atmosphère arc-en-ciel du lieu, de ne pas faire le lien avec les élans homosexuels... Mais jusque-là, l'orateur n'a pas encore dit que l'islam officiel les classe dans la catégorie du mal. Va-t-on encore longtemps tourner autour du pot? Devra-t-on se borner à une simple rencontre interreligieuse, si louable soit-elle?
Pantalon en cuir ou jeans ordinaires, regards intelligents, les interlocuteurs présents ce soir-là sont polis et patients.

Pas la joie en Arabie saoudite

Dans le local de Dialogai, une question abrupte réveille pourtant l'assemblée: «Que pensez-vous de la violence à l'encontre des homosexuels perpétrée au nom de la charia en Arabie saoudite?» Réponse du porte-parole: «On ne va pas se voiler la face, il est vrai qu'ils sont considérés comme une abomination dans beaucoup de pays musulmans. En islam prévaut le principe des relations hétérosexuelles pour préserver l'espèce. Je n'ai pas à juger de ce qui se passe en Arabie saoudite. Mais si vous me demandez mon avis, mon choix se porte sur les relations hommes-femmes.»
A l'issue de la réunion, Hafid Ouardiri confirmera au Courrier ne pas être venu pour distribuer des condamnations. Même à un pays qui met des homosexuels à mort? «Il n'y a pas d'exécutions», affirme-t-il. Vraiment? L'Arabie saoudite fait partie des sept pays, tous musulmans, qui prévoient encore la peine capitale pour ce «délit», informe par téléphone Hans Markus Herren, de Queeramnesty, branche de la section suisse d'Amnesty International. Outre les tortures et les procédures judiciaires sommaires, il relève que trois gays y auraient été décapités en 2002.
Quant à Marc Sermier, catholique gay valaisan, il souligne la similitude entre la vision procréatrice de la sexualité dans son Eglise et celle de Hafid Ouardiri. «Si Adam avait été homosexuel, on ne serait pas là pour en discuter», tranche le musulman. I

Note : [1]Lire son portrait ci-dessous.
C+H annonce la prochaine Conférence mondiale de l'Association internationale des lesbiennes et des gays (ILGA) du 27 mars au 3 avril à Genève. Un atelier «religions» s'y tiendra. Rens.: www.ilga-world-conference-2006.ch

article
Rachid: «Mon prince charmant, c'est un Aladin»

Même s'il dit ne pas être là pour juger les homosexuels, Hafid Ouardiri les renvoie à leur «responsabilité»: «Vous devez assumer votre choix!» «Mais ce n'est pas un choix!» s'exclament comme un seul homme les Chrétien(ne)s homosexuel(le)s de Dialogai (lire ci-dessus). Sortant de son mutisme, Rachid, un Maghrébin gay d'une trentaine d'années, réagit à son tour. Se fondant sur l'amour «incontrôlable» du Prophète pour Aïcha, il estime justifiée l'attirance, également non maîtrisable, d'un homme pour un homme. «C'est ton interprétation», se voit-il rétorquer. Entre les deux musulmans s'ensuit un échange en arabe de versets coraniques. Car Rachid en connaît un bout. Pour se forger une identité qui puisse concilier ses croyances et son orientation sexuelle, il a fouillé les textes saints et la littérature arabe. Et puisque le monde musulman, dans sa majorité, n'est pas prêt à appliquer l'ijtihad (effort d'interprétation des textes) à la question homosexuelle, Rachid est devenu son propre imam en la matière.
Le discours des musulmans contre l'homosexualité, nous confiera-t-il quelques jours plus tard dans un restaurant turc, il le connaît par coeur. Le rejet des homosexuels aussi, il l'a vécu au plus profond de son âme. Voilà pourquoi il applaudit un Hafid Ouardiri à l'écoute, qui tend la main malgré les limites théologiques qu'il pose. Car si le châtiment divin semble l'ultime couperet, les homosexuels le savent: rien n'est pire que la sanction sociale. «Rejeté par la société arabo-musulmane, la famille, la religion, je cherche une coquille pour me protéger, pour me situer psychologiquement», s'exclame le Maghrébin.
Il a 14 ans lorsqu'il couche –«c'est moi qui l'ai voulu»– pour la première fois avec un homme, un adulte. Dans son Maghreb natal, au sein d'une famille modeste, la «déviance» du fils, du frère efféminé est un scandale. «Enfant, j'adorais jouer avec les filles. Mes frères voulaient que je devienne un homme, ils m'ont appris le foot.» Plus tard, c'est à coup de baffes que l'on corrigera ces petits gestes de la main, ces expressions réservées aux femmes, ce goût pour les habits de couleurs quand, dans les années 1980, le fluo faisait fureur. Un jour, il consulte un psychiatre. Le médecin le dirige vers un endocrinologue. Des hormones mâles lui sont prescrits. «Mon attirance pour les mecs est restée, mais j'ai gagné en pilosité.»
«Je voulais suivre la norme. J'ai essayé de rejeter mon orientation. Je me masturbais et je pleurais à la fin, je demandais pardon à Dieu.» Passé les vingt ans, il entretient en cachette une relation durable de trois ans avec un homme encore plus torturé que lui. «Horreur et bonheur»: voilà comment Rachid décrit cet «amour impossible. Comme dans Le Secret de Brokeback Mountain (western gay d'Ang Lee, ndlr), on se tapait dessus, on ne comprenait pas. Après l'acte, nous parlions de périr en enfer.»
Mais la vie suit son cours. Etudes, travail, le jeune adulte n'est toujours pas casé: «En restant au pays, j'aurais dû me marier, avoir des enfants. J'ai rejoint il y a six ans un cousin en Suisse, où j'ai demandé l'asile. Je l'ai obtenu après deux ans. J'ai été l'un des premiers à le recevoir en raison de l'orientation sexuelle. Yves de Matteis (alors membre du comité de 360° mais agissant pour son propre chef, ndlr) m'a beaucoup aidé, dans les démarches, financièrement et moralement, parce que, dépressif, j'étais au fond du trou.» Rachid remercie tous ceux qui l'ont soutenu, dont le Service social international et Jean-Paul Guisan (Pink Cross).
Exit la nostalgie du pays, le migrant envisage sa vie en Suisse où il a appris à accepter son identité. Car les homosexuels peuvent s'y épanouir, «malgré, toujours, une certaine homophobie, heureusement discrète».
Yeux foncés et teint mat, barbe de quelques jours, ce Beur, encore un peu dépressif, n'est plus efféminé, échappant aux stéréotypes qui enferment les gays dans la profession de coiffeur ou dans des habits roses. «Et toi? Comment savoir si tu l'es ou pas?», fait-il remarquer, lui qui, dans la souffrance, a dû apprendre à dissimuler.
Et du chemin, il en reste. Certes, Rachid ne vit plus ses relations sexuelles comme un péché, s'affiche gay au travail, auprès des amis ou d'inconnus. Mais la peur, dans ce coeur éternellement paumé, est restée. Et combien il désespère de ne pouvoir partager son secret avec les siens, restés là-bas. «La famille, dans ma culture, c'est tout. Je ne veux pas devenir orphelin. Ou qu'ils s'en prennent à ma vie.»
Sa vie qui peut désormais fleurir même sur le tapis de prière. Sous lequel l'avaient enterré le tabou familial, l'hypocrisie sociale, les baffes, les médicaments, les séances de psy, les sermons des oulémas. Terminant son kebab, ce coeur à prendre évoque un vague désir de paternité, de loin pas une priorité. Son rêve, c'est de trouver l'âme soeur. «Le problème, c'est que je suis attiré par les Arabes. Mon prince charmant, c'est un Aladin. Un joueur de foot viril, puisqu'on m'a imposé ce sport. Mais deux Arabes ensemble, est-ce possible?»

Note : Certaines données biographiques ont été modifiées pour préserver l'anonymat de Rachid.
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MessageSujet: Re: La mosquée ne veut juger ni les homos ni leurs tortionnaires   Mar 21 Mar - 1:09

Comme dans tous pays majoritairement musulman l'homosexualité est tabou
Au Maghreb les hommes se proménent main dans la main en signe d'amitié, et je taquine souvent mes accompagnateurs en faisant la réflexion suivante " il y a quand meme beaucoup d'homos par ici " ai7
je suis écroulé de rire quand il essayent de me dissuader de cette idée

Mais Quand meme la vie de homos n'est pas facile dans certaine communautées (meme en occident)
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MessageSujet: Re: La mosquée ne veut juger ni les homos ni leurs tortionnaires   Mar 21 Mar - 1:11

Oui Ageasse, je me rappelle encore de Christine Boutin brandissant la Bible lors du pacs, ou des insultes et menaces lors de la 1ère tentative de mariage gay par Noel Mamère.
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MessageSujet: Re: La mosquée ne veut juger ni les homos ni leurs tortionnaires   Mar 21 Mar - 1:22

c'est marant que tu rapelles cela , j'expliquais justement hiers à un catholique cela
il me demandait en quoi je considérait que la religions refusait l'égalité de droir envers les homos
et je lui répondit (avec l'allusion à la mere Boutin) qu'ils se liguaient pour refuser meme une égalité de droit civils en luttant contre le PACS
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MessageSujet: Re: La mosquée ne veut juger ni les homos ni leurs tortionnaires   Mar 21 Mar - 16:51

Ouais et puis faut voir en Pologne. On se demande bien pourquoi les homos y ont aucun droit. Qu'est-ce qui y-a de si différent entre la Belgique et la Pologne ? Hein ? Alors vous trouvez pas ? Ben la langue tient ! C'est la langue qui rend homophobe, bien sûr. sm3
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MessageSujet: Re: La mosquée ne veut juger ni les homos ni leurs tortionnaires   Mar 21 Mar - 23:40

la langue ? le cuni ou la fleur de rose ?

ok je sors wink1
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