L'autre jour, comme tous les matins, je prends le RER A pour me rendre au travail. Il fait beau mais rien ne change dans le métro: tout le monde, ou presque, fait grise mine. Puis soudain, j'entends derrière moi, une voix féminine qui prend de l'ampleur. Je crois, d'abord, à une nième personne victime de la crise, qui, mettant sa fierté de côté, fait la manche pour pouvoir vivre.
C'est une jeune femme, pas plus de 30 ans, qui prend la parole au milieu des costumes cravates noirs et gris. D'abord hésitante, sa voix se voix plus précise, plus forte et plus sûre. Non, elle ne raconte pas sa vie, ni ses galères ou autres tristesses. Elle "chante" une poésie d'amour, érotique même. Elle y parle d'une femme qui appelle un homme à la toucher, la caresser, l'envahir et la submerger. Elle dit qu'elle lui dira oui, qu'elle l'attend, que son corps le réclame, son esprit aussi.
Les grises mines le sont moins. Elle prend quelques pièces et descend du RER A.
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"Puisqu'on allume les étoiles, c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires"