Pembe Invité
| Sujet: Une offensive idéologique du conservateur Iranien! Sam 29 Oct - 1:45 | |
| Une offensive idéologique tous azimuts contre les "libéraux", les "féministes" et les "laïques"
les Iraniens n'auront pas attendu longtemps pour voir leurs craintes confirmées d'un durcissement du régime depuis l'accession à la présidence de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, en août 2005. Le mois de jeûne du ramadan ayant bon dos, une litanie de mesures répressives a été adoptée ces derniers jours par M. Ahmadinejad et son équipe, pour circonscrire l'influence de ce qu'en langage conservateur iranien on appelle "la contamination de la culture occidentale corrompue".
Le durcissement du régime, tant en politique intérieure qu'extérieure, vise à couvrir son échec à ce jour à engager ne fût-ce qu'un embryon des réformes promises à l'électorat durant la campagne présidentielle lutte contre la corruption, réduction des inégalités sociales, résorption du chômage... , commente la politologue Azadeh Kian Thiébaut, chercheuse au CNRS et spécialiste de l'Iran.
Selon elle, l'ultraconservateur et populiste Ahmadinejad s'est ainsi replié sur les thèmes qui flattent sa base intégriste dans le sens du poil. Tour de vis moral et idéologique et surenchère antiaméricaine et anti-israélienne sont prioritairement destinées à la consommation intérieure.
Ainsi, rapporte-t-elle, la décision vient d'être prise d'interdire tous les films jugés "libéraux", "féministes" ou "laïques" qui diffusent "la propagande de l'oppression mondiale ", c'est-à-dire les Etats-Unis, ou qui favorisent la consommation de la drogue, l'objectif étant de construire "la société idéale fondée sur le Coran" .
"VALET DE L'IMPÉRIALISME"
Parallèlement, la pression s'est accentuée sur les femmes à propos de la tenue vestimentaire "islamique" , notamment le port du voile. Des membres de la police des moeurs circulent dans les rues pour rappeler à l'ordre les femmes jugées mal couvertes. La décision a également été prise de sévir contre quiconque enfreindrait en public le jeûne du ramadan, ajoute-t-elle. L'étau a également été resserré sur des sites Internet, notamment quatre sites de femmes, qui ont été "filtrés" , c'est-à-dire avec lesquels aucune connexion ne peut plus être effectuée à partir de l'Iran. Un site très fréquenté, Bazbab, qui serait tenu par Mohammed Rezaï, pourtant secrétaire du Conseil de discernement des intérêts de la République l'une des plus hautes institutions de l'Etat , a été interdit pour avoir diffusé des informations sur le nucléaire et d'autres sur la corruption. Les autorités ont annoncé qu'elles allaient à nouveau l'autoriser, mais il était toujours aux abonnés absents le mardi 26 octobre, indique Mme Thiébaut.
Toutes ces mesures sapent les petits espaces de liberté qui s'étaient ouverts durant les deux mandats du président réformateur Mohammed Khatami, lequel est traité de "valet de l'impérialisme" dans certains journaux conservateurs. Son prédécesseur, Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, n'est pas mieux traité, en dépit de ses fonctions de président du Conseil de discernement des intérêts du pays.
Reste à savoir ce que signifient, dans la bouche des censeurs, les mots "féministes" , "laïques" ou "libéraux" . L'absence de définition précise laisse le champ libre à des interprétations abusives. Dans les années 1980 et 1990, les Iraniens avaient déjà vécu dans un tel climat. Ils n'en avaient pas moins réussi à contourner les interdits, en se dotant illégalement, malgré la répression, d'antennes paraboliques et en faisant circuler des vidéocassettes sous le manteau.
La situation économique est elle aussi inquiétante et marquée par une fuite de capitaux : des centaines de milliards de dollars, selon la presse, indique Mme Kian Thiébaut, auraient ainsi pris le chemin de l'émirat de Dubaï.
Mouna Naïm Article paru dans l'édition du 28.10.05
source: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-703853@51-696183,0.html |
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