| | L’Europe "rempart contre la mondialisation ultralibéral | |
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Nobel Administrateur

Age : 35 Inscrit le : 07 Mar 2005 Messages : 4091
| Sujet: L’Europe "rempart contre la mondialisation ultralibéral Mar 19 Avr - 17:14 | |
| L’Europe "rempart contre la mondialisation ultralibérale" : quand cessera cette hypocrisie ?
lundi 18 avril 2005 par Le Monde
JACQUES CHIRAC a remis ça, jeudi soir sur TF1. La Constitution est le moyen de lutter contre "la mondialisation portée par un courant ultralibéral", a dit le chef de l’Etat. Le texte a " une logique non libérale", a-t-il ajouté.
Revoici donc l’idée du "rempart" contre l’évolution du monde. "Les Françaises et les Français sont inquiets de cette mondialisation qui se fait au profit des plus forts." Mais, comme la France est devenue trop petite pour défendre "ses valeurs", repoussons les protections au niveau du "grand ensemble" européen.
L’emploi de cet argument du " rempart" est une grave erreur - parce qu’il s’est retourné aujourd’hui en faveur du non - et d’une immense hypocrisie. Bref, pour reprendre un mot du même Jacques Chirac, "c’est une connerie".
PAIN BÉNIT POUR LE NON
Le chef de l’Etat a d’ailleurs fait lui-même, et immédiatement, la démonstration de la faiblesse de son raisonnement puisqu’il agite le Satan libéral qui " inquiète" et passe toute la soirée à regretter que " les Français aient peur". Même contradiction sur l’Europe politique qui doit tenir sous le boisseau l’Europe économique (libérale) mais qui ne doit surtout pas "empiéter sur l’autorité des Etats". Comprenne qui pourra...
Autrement dit, sur les deux grandes évolutions du monde que décrit (ici très justement) le chef de l’Etat, la mondialisation et la géopolitique des " vastes ensembles", il dit d’emblée son indétermination fondamentale, son balancement permanent, son "j’y vais à reculons". Libéralisme et fédéralisme, monde et Europe, Jacques Chirac n’a pas les idées claires. La France non plus. C’est tout le problème, et de l’un et de l’autre. On n’en sort pas.
Revenons au "rempart", argument reflet de cette indécision. Remarquons d’abord que l’utiliser est, dès le départ, se placer sur le terrain des opposants à la Constitution, puisque c’est vanter l’idée qu’il faut une protection contre la néfaste évolution du monde. Pain bénit pour les "anti" qui n’ont aucun mal à montrer que ladite protection ne fonctionne pas et que, pis, l’Europe est devenue le fourrier du libéralisme. Bolkestein ! Bolkestein ! Le mur contre l’ultralibéralisme est percé de toutes parts.
En 1992, lors du référendum sur le traité de Maastricht, François Mitterrand avait déjà utilisé l’argument du rempart. L’euro allait servir à protéger l’économie européenne des fluctuations heurtées des Etats-Unis. L’eurozone allait gagner une autonomie et un dynamisme. On sait ce qu’il est advenu : non seulement l’Union est restée complètement soumise à la conjoncture américaine, montant et descendant au gré du vent d’ouest, mais l’eurozone s’est ensablée dans la semi-stagnation. Elle a perdu deux points de croissance vis-à-vis des Etats-Unis.
L’euro devait aussi servir à accélérer l’avènement d’une Europe politique. Il n’en a rien été non plus. Ayant perdu toute crédibilité, l’idée du rempart sert aujourd’hui la cause anticonstitutionnelle sur le thème : "Vous voyez bien que cette Europe-rempart ne marche pas !"
A cette erreur s’ajoute une lâche hypocrisie. Car, si les gouvernements français avancent officiellement l’idée que l’Europe va nous "protéger", la vérité est qu’ils espèrent en secret qu’elle va nous bousculer, nous forcer à faire ces "réformes" qu’ils savent nécessaires mais que l’opinion publique refuse.
PÈRE FOUETTARD
Comme les pays mal gouvernés qui voient leur sort confié au Fonds monétaire international, la France a cédé à Bruxelles "sa politique d’ajustement structurel", note l’économiste Jean Pisani-Ferry, directeur de l’institut de recherches Bruegel (L’Europe déclassée, En temps réel, Flammarion). Sans courage, les hommes politiques de gauche et de droite font de l’Europe le père Fouettard qui impose la rigueur, la concurrence, la libéralisation, la privatisation. Les directions des sociétés nationalisées de services publics font de même : ils avouent tous en privé que Bruxelles leur sert d’indispensable aiguillon "pour faire bouger les syndicats".
Cette piètre tactique de défausse a fini par se retourner elle aussi contre elle-même. Non seulement, elle ne parvient plus à faire avancer les réformes : celle (très partielle) des retraites a été la seule et, sans doute, la dernière de M. Chirac avant 2007. Il lui aura fallu deux ans et demi pour autoriser l’augmentation des heures supplémentaires bloquées par les 35 heures ! Mais, surtout, les Français qui hier aimaient l’Europe, la redoutent aujourd’hui. D’espoir, elle est devenue menace.
Par ce déni de la démocratie, de votre faute Monsieur Chirac, l’Union n’est plus vue comme "faisant la force" mais comme poussant au dumping vers le bas. L’adhésion à la construction européenne s’est défaite. Si les Français votent non le 29 mai, la responsabilité vous en incombera directement. A vous, aux Jospin, aux Raffarin et aux Hollande, à tous ceux du oui qui entretiennent la confusion, depuis vingt ans, entre les responsabilités nationales et communautaires. Il leur faudrait changer du tout au tout. Dire d’abord que la mondialisation n’est pas le mal. Elle a des travers mais engendre une forte croissance mondiale qui sort de la misère des milliards d’êtres humains, notamment les affamés chinois et indiens. Les Français devraient s’en réjouir. Pour ne pas en souffrir, il faut non pas "se protéger" mais "s’adapter". Maître-mot dont tous les autres pays ont fait leur axe stratégique.
IMMOBILISME
Que peut l’Europe ? Tant que son niveau de fédéralisme est si faible (un budget limité à 1% du PIB des Vingt-Cinq), peu de chose. Dans ce cadre, le chômage et la précarité en France ne relèvent pas de la politique de Bruxelles mais de celle, aveugle, de Paris. Nos malheurs sont de notre faute. Notre modèle social n’est rongé que par l’immobilisme prôné par les partisans du non. La Suède, qui a su se réformer, le démontre.
Si l’Europe se dotait de plus de moyens fédéraux, elle pourrait mieux contribuer à la croissance et à l’emploi. Mais tant que les gouvernants, dont M. Chirac, refusent, elle ne peut stimuler que ce qu’on lui demande : les marchés et la concurrence. Et trouer les remparts.
Le Monde _________________ "Puisqu'on allume les étoiles, c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires" |
|  | | Ludo Sort le saz que pépé a rapporté des Dardannelles !


Age : 20 Inscrit le : 07 Fév 2008 Messages : 289 Localisation : sur la terre des Hommes Libres
| Sujet: Re: L’Europe "rempart contre la mondialisation ultralibéral Sam 15 Mar - 18:43 | |
| Je reprends ce vieux topic pour réagir.
Je pense qu'il est promordial de faire jouer la solidarité Nord/Sud.
Il y a 2 milliards d'hommes qui mangent mal (sur 6.5 milliards). Et en tout, 3 milliards de ruraux dont 1 milliard travaille la terre à la main, sans outils mécaniques. Ce sont des prolétaires. Quel est leur poids économique sur l'économie mondiale ? Le Nord finira toujours par s'en sortir, mais quel est le poids d'humanité de ceux qui n'ont pas2200 calories par jour pour vivre ?
La question, c'est pas celle de la production (on sait faire), mais celle de la répartition de la nourriture entre les peuples. Quel est le pouvoir des gens sur les moyens à obtenir leur alimentation ? Et que pèsent les paysans sur ce que l'on fait de leur terre ? En fait, qui décide réellement ?
Plusieurs pays pauvres s'enfoncent dans des guerres civiles où la terre est l'objet du conflit. Mais à qui appartient le sol ? Qui décide de ce qu'il faut cultiver ? Un agriculteur qui n'a pas la liberté de production (pays du Sud & Amérique Centrale) ne peut pas avoir une dignité réelle ; il devient non pas esclave du système mondial, mais - et c'est encore plus grave - esclave du pouvoir en place ou du propriétaire terrien local.
Dans sa dignité, l'Homme peut être humilié lorsqu'on lui apporte des vivres. Mange et tais-toi! Parce que, qui va vendre et profiter de la production ? Qu'est-ce qu'on fait de l'Homme ? On peut l'endormir avec le ventre plein!
Pour ces pays, l'émigration est une chance, parce qu'elle permet d'apporter en retour de nouvelles idées. Et pour les pays qui accueillent les migrants, c'est aussi une chance, parce que c'est un enrichissement des savoirs, une découverte de l'autre.
Certains pays sont même exclus de la migration, tellement ils sont pauvres ; rien qu'à voir les chiffres statistiques du Malawi... _________________ se construire, aller de l'avant, et ne pas regarder en arrière. |
|  | | Knorkator Sort le saz que pépé a rapporté des Dardannelles !


Age : 22 Inscrit le : 20 Avr 2006 Messages : 485 Localisation : Grosland
| Sujet: Re: L’Europe "rempart contre la mondialisation ultralibéral Sam 22 Mar - 23:03 | |
| Je pense, Ludo, que c'est beaucoup plus compliqué que ça.
Prenons l'exemple du Brésil : le problème typique des "paysans sans terre". Le Brésil est en train de favoriser un agriculture mécanisée sur de grands terrains, rentable, qui emploie peu d'homme mais fournit un gros rendement; d'un autre côté, cela laisse beaucoup de paysans traditionnels sur le carreau; ceci n'est pas du tout arrangé par le fait que ces paysans partagent la terre entre leurs enfants, qui font de même : ceci divise les propriétés en terrains de plus en plus petits et de moins en moins viables et rentables.
Les paysans sans terre, donc, se battent pour que l'état leur fournisse, justement, des terres. Bien sûr, quand on voit ces pauvres gens se débattre, on pensent "donnez leur des terres!", mais réfléchissons : si on le fait, la spirale recommencent et on se retrouvera, tôt ou tard, avec le même problème. L'agriculture mécanisé est ce qu'il y a de plus viable et on ne peut pas perpétuer éternellement le problème des paysans sans terre. Il s'agit donc de transition urbaine, du passage de la ruralité à l'urbanité, phénomène qu'ont subit TOUS les pays un tant soit peu industrialisés. La différence se fait ensuite dans l'accueil des anciens ruraux et ce qu'ils risquent dans la ville : précarité, pauvreté, chômage...(voir France aux 18ème et 19ème siècles).
| Citation: | Dans sa dignité, l'Homme peut être humilié lorsqu'on lui apporte des vivres. Mange et tais-toi! Parce que, qui va vendre et profiter de la production ? Qu'est-ce qu'on fait de l'Homme ? On peut l'endormir avec le ventre plein!
Pour ces pays, l'émigration est une chance, parce qu'elle permet d'apporter en retour de nouvelles idées. Et pour les pays qui accueillent les migrants, c'est aussi une chance, parce que c'est un enrichissement des savoirs, une découverte de l'autre. |
Vrai : donner à manger aux nécessiteux c'est bien, mais si on ne leur apprend ni à produire leurs propres besoins ni à apprendre comment apprendre à produire (il ne suffit pas d'éduquer, il faut donner les moyens d'éduquer soi-même), c'est inutile!! Ca ne fait que prolonger le délai jusqu'à la prochaine variation climatique qui provoquera une famine. Mais apprendre à certains pays serait trop beau, quand on peut profiter de leur richesses minières pour pas cher...(voir pays puissants qui profitent bien de cette manne!! même si elle vient d'un pays génocidaire, comme la Soudan par exemple, avec la Chine).
Il y a une autre raison pour laquelle on aime bien donner plutôt qu'apprendre, c'est simplement pour écouler nos produits; de plus, cela formate l'indigène à nos produits, ce qui est bien pratique : plus tard il les achètera en priorité (la France, par exemple, est à la fois responsable de ces pratiques en Afrique et victime des USA après 1945).
Par contre il ne faut pas dire de bêtises : "l'immigration est une chance" est d'une naïveté sans nom. Voire une niaiserie. L'immigration, comme tous phénomène démographique, économique et social, apporte aussi son lot de problèmes démographiques, économiques et sociaux.
Une immigration maitrisée peut être une bonne chose, mais pas dans le sens "choisie uniquement pour ses compétences"; pour moi, la volonté d'intégration (dans le sens social) et le fait d'intégrer les valeurs du pays d'accueil sont plus importante que le diplôme (les terroristes de Grande Bretagne étaient parfaitement éduqués...).
Sarkozy n'a pas fait de constat sur l'immigration, il n'a pas étudié le truc scientifiquement, il a juste balancé une solution à l'arrache, comme toutes les autres (réformes). Et tant mieux si ça marche, et tant pis si ça marche pas. Et généralement ça ne correspond pas à la réalite, donc ça ne marche pas.
D'ailleurs il se targue de trouver des "solutions" pour l'immigration, solutions aux problèmes SUPPOSES provoqué par l'immigration (rien n'a été étudié, on ne sait rien réellement à ce propos, et Sarko n'a pas changé la donne!), mais il n'a aucune solution quant à l'EMIGRATION des jeunes français diplomés qui se barrent pour être mieux payés (ce dont j'espère je ferai partie). C'est quoi la plus grosse communauté étrangère européenne à Londres et à Silicon Valley? Toujours les Français...la plupart de jeunes diplomés qui ont quitté la France par manque de perspective.
| Citation: | Que peut l’Europe ? Tant que son niveau de fédéralisme est si faible (un budget limité à 1% du PIB des Vingt-Cinq), peu de chose. Dans ce cadre, le chômage et la précarité en France ne relèvent pas de la politique de Bruxelles mais de celle, aveugle, de Paris. Nos malheurs sont de notre faute. Notre modèle social n’est rongé que par l’immobilisme prôné par les partisans du non. La Suède, qui a su se réformer, le démontre.
Si l’Europe se dotait de plus de moyens fédéraux, elle pourrait mieux contribuer à la croissance et à l’emploi. Mais tant que les gouvernants, dont M. Chirac, refusent, elle ne peut stimuler que ce qu’on lui demande : les marchés et la concurrence. Et trouer les remparts |
Sinon on peut aussi tout mettre sur le dos de l'Europe, comme Le Pen, et s'enfermer dans une xénophobie confortable. Ou sinon on peut proposer des solutions surréalistes et imbéciles comme les coco et les coco révolutionnaires (quel nom ridicule). _________________ Ce qui est formidable avec le pape c'est qu'un seul homme est censé régenter la vie privée de centaines de millions de personnes...Le seul CHEF RELIGIEUX ayant plus de pouvoir, c'est un Texan.
Franchement, quel sorte d'abruti croirait, au 21ème siècle, que ne pas manger du porc le rendra meilleur que les autres ?
"Je crois à la fraternité entre les Hommes, mais pas en vos -ismes"
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